L’entretien préalable au licenciement doit permettre à l’employeur d’exposer le type et les motifs du licenciement au salarié.
Vous devez le savoir : rares sont les employeurs qui changent d’avis lors de l’entretien (la décision est déjà prise).
Vous pouvez toutefois essayer de convaincre de l’employeur de vous garder ou de vous proposer un autre poste mais la tâche sera difficile.
Attitudes à adopter lors de l’entretien préalable au licenciement :
Dans tous les cas, votre employeur ne doit pas savoir que vous êtes plus qu’informé pour vous défendre d’un licenciement. Vous devez jouer un rôle… le rôle de celui qui ne connaît rien en matière de licenciement.
IL EST IMPORTANT QUE VOTRE EMPLOYEUR NE SE MEFIE PAS DE VOUS POUR QU’IL COMMETE DES ERREURS.
Demander un maximum de précision lors de l'entretien préalable au licenciement :
Vous devez connaître tous les arguments de l’employeur. Vous devez connaître tous les éléments qu’il possède en cas de procès pour se défendre : vous devez lui soutirer le plus d’informations possibles.
Plus vous connaîtrez les preuves que possède l’employeur pour justifier le licenciement, plus il sera facile d’attaquer ou de vous défendre.
Ne pas dévoiler votre stratégie de défense lors de l'entretien préalable de licenciement :
L’entretien préalable au licenciement n’est pas un procès : vous devez garder vos arguments de défense (faits précis, témoignages, lettre ou e-mail en votre possession) pour vous.
Sinon, votre employeur arrivera le jour du procès avec les parades pour tous vos arguments.
Vous devez écouter les motifs du licenciement, puis indiquer que vous contester les motifs en indiquant que vous estimer les motifs non valables et abusifs sans rentrer dans le détail de votre défense.
Si vous avez prévu d’attaquer votre employeur (pour licenciement abusif et/ou pour licenciement irrégulier), vous ne devez pas lui faire savoir à ce moment de l’entretien. Vous pouvez toutefois le menacer pour lui faire peur en laissant planer un doute.
Exposer le préjudice de la perte de votre emploi lors de l'entretien préalable de licenciement :
Une fois que votre employeur a pris note de votre contestation, vous pouvez lui indiquer que vous estimez subir un important préjudice avec la perte de votre emploi.
Vous pouvez renforcer l’importance du préjudice :
- en indiquant que vous venez de prendre un crédit,
- en indiquant que votre âge ou votre qualification vous empêchera de retrouver facilement un emploi,
- en indiquant que vous venez de déménager ou que vous aller devoir le faire,
- en indiquant que le marché du travail n’est pas favorable,
- en indiquant que votre employeur fait peser un doute sur la qualité de travail par ce licenciement et que vous aurez des problèmes pour retrouver un emploi,
- en indiquant que vous ne parviendrez jamais à obtenir le même salaire chez un autre employeur ou qu’il vous faudra plusieurs années pour retrouver le même salaire…
A vous de trouver d’autres arguments selon votre cas.
DEMANDEZ ENSUITE A VOTRE EMPLOYEUR CE QU’IL A PRÉVU POUR RÉPARER LE PRÉJUDICE DU LICENCIEMENT.
Votre employeur devrait alors vous proposer les solutions auxquelles il a réfléchit.
Il se peut qu’il n’ait rien prévu mais en général il devrait vous proposer :
- un reclassement,
- un départ négocié (démission contre somme d’argent),
- une transaction…
Vous verrez sur le moment les pistes que vous propose votre employeur.
Si une ou plusieurs pistes vous plaisent, discutez-en avec votre employeur : Quand ? Comment ? Combien ?…
Vous pouvez ensuite introduire d’autres pistes auxquels vous avez réfléchi et qu’il n’a pas proposé (NE PAS PROPOSER DE TRANSACTION OU DE DEPART NEGOCIÉ TOUTEFOIS, C’EST A VOTRE EMPLOYEUR DE PROPOSER CES PISTES.) : Formation, reclassement, aide pour créer une entreprise…
Si vous ne trouvez de piste commune pour réparer le préjudice du licenciement, il est temps de signaler à votre employeur qu’en l’absence de réparation du préjudice que vous subissez, il va vous falloir demander à la justice de réparer le préjudice.
VOTRE EMPLOYEUR DEVRAIT ALORS LOGIQUEMENT INITIER LA PISTE D’UNE TRANSACTION.
Refuser la présence de l’avocat de l’employeur lors de l'entretien préalable de licenciement : une erreur
L’employeur n’a légalement pas le droit de se faire assister pendant l’entretien préalable de licenciement par une personne extérieure à l’entreprise pour l’entretien (comme son avocat par exemple). Vous êtes en droit de refuser la présence d’une personne extérieure.
Toutefois, si vous arrivez à prouver devant le juge la présence d’une personne extérieure (témoignage, compte-rendu…), vous pourrait faire reconnaître la procédure de licenciement comme irrégulière.
C’est donc dans votre intérêt de ne pas refuser la présence du conseiller extérieur de l’employeur.
Ne pas se présenter à l’entretien préalable de licenciement : une erreur
Ne pas se présenter à l’entretien préalable de licenciement est possible pour le salarié. Vous avez le droit de ne pas vous y rendre. Mais cela n’apporte aucun intérêt et ne retarde même pas la procédure.
Vous perdriez l’occasion de bien comprendre le motif invoqué par l’employeur et donc de bien pouvoir vous défendre.
Enregistrer la conversation de l’entretien préalable de licenciement à l’insu de l’employeur : une erreur
Avec accord écrit et signé des 2 parties, il est possible d’enregistrer la conversation. Mais cela ne comporte pas d’intérêt car les enregistrements sonores ne sont pas des preuves (trop facilement modifiables).
Si vous enregistrez la conversation de l’entretien à l’insu de l’employeur vous risquez pénalement des sanctions lourdes pour atteinte à la vie privée.